Plaisir d'écrire

Mardi 18 mars 2008
   Je suis là. Maigre. Extrêmement maigre. La peau blanche. Fine. Des veines bleues et violettes parcourent mon corps fragile. Elles me tiennent. J'ai confiance. Elles sont là. J'ai confiance. Elles ne me laisseront pas. Le vent souffle. Un peu. Je ne m'envolerai pas. Elles sont là. Elles me retiennent. Elles m'aident. Elles me soutiennent, elles me portent. Un arbre frémit, ses feuilles font un peu de bruit. Un oiseau s'envole. Une hirondelle... golondrinita... L'herbe est recouverte d'une fine couche de rosée. L'herbe se couche, l'herbe se redresse, l'herbe danse, son écume vole dans l'air, plongée intemporelle dans des vagues de nature. Elles me tiennent. Oh je ne suis pas lourde, une plume. Rien. Je ne suis rien. Cheveux qui tombent sur mes épaules. Yeux bleus grand ouverts où se reflette le ciel. Cette longue jupe bleue et verte que j'aime tant. Elles avancent. Moi aussi. Je suis encore un peu là. Je suis encore un peu moi. Le vent souffle. Elles ne parlent pas. Elles sont là. Je les sens. Elles sont là. Je suis là. Je crois qu'elles me regardent. Et puis ils arrivent. Ils ne comprennent pas trop. Mais elles sont là. Elles me protègent. Elles m'enveloppent, elles m'aident, elles me réchauffent. Elles me portent parce que je suis mais je ne suis plus trop. Maigre. Fragile. La peau blanche. Mais je n'ai pas peur. Elles peut-être un peu. Eux aussi. Moi non. Elles sont là et ça me suffit. Pifarello, une dernière valse à trois temps... Une shprouneuse dans la poudreuse, quelques mèches de feu qui virevoltent... "Sí abuela, sí abuela"... Amapolita... no llores. Me gustaría tenerte cerca y poder mirarte a los ojos antes de irme... Isabel... Lunita ronronea... Sourire. C'est agréable. Une dernière pub pour la crème fraîche... merci Malou... and I want to be a great big huge elephant. C'est mieux comme ça Julietita... Te quiero... y yo más, mucho más... aunque seas "non-cinéphile"... Le collier du Burkina, le sourire d'Aïcha... oh yeah... Sally... Wouhouuu, oh Méli... Nous sommes deux soeurs jumelles, la dernière danse. Cachou ? Et ils arrivent... abuelito mío... abuelita... Ultime naevus. Elle est belle Moon. Elle est belle. Sa main est chaude. La mienne moins... Moon. Le vent se fait plus fort mais elles me tiennent. Elles sont là et voilà... Luna arrête de miauler... s'il te plaît. Ronronea... La mer n'est pas loin, le sable chaud de chez moi non plus. Ça sent bon l'Espagne. Yeux bleus grands ouverts où se reflette le ciel, la mer, fckqzjbs-121-copie-1.jpg où elles se reflettent, où ils se reflettent... C'est l'heure, le vent souffle assez maintenant. Laissez s'envoler la petite plume. Elles sont là. Julietita ne sera pas triste parce que ce n'est pas triste... piensa que me voy con el cuerpo livianito y los pulmones llenos de aire. C'est drôle de partir maintenant. Quelques années, quelques kilos, beaucoup de sourires, peu de regrets et voilà c'est déjà l'heure. Elles me tiennent toujours. Fort. Elles ne veulent pas me laisser partir. Cette jupe bleue et verte que j'aime tant, très longue. On ne voit pas mes pieds. On ne voit que mes bras, que mon font et les ruisseaux bleus et violets qui le traversent. On ne voit qu'elles. On ne voit qu'eux. Elles ne pleureront pas. Pas maintenant. Ils ne pleureront pas. Ce n'est pas le moment. Julietita... imagine une autre fin si tu veux, la golondrinita ne meurt pas... La petite fille malade de l'histoire ne se jette pas de la falaise. Lucie, ma belle, vis. Imagine comment est-ce que tu pourrais filmer ça.. Ce serait beau. Parce qu'entre tes doigts tout devient beau. Moon n'oublie pas... surtout pas. Toi aussi tu seras, tu deviendras. Os quiero... Abuelito mío... abuela... ya voy... Première téléportation. Ultime naevus. Le vent souffle un peu. Il faut me laisser maintenant.  Les mèches de feu volent doucement. Voilà. La petite plume s'envole. Elle vole, elle vole...


   Il était beau ce rêve... Peut-être un peu triste mais partir comme ça, je crois que ça me plairait. C'est pas triste, ça fait pas trop peur. C'était beau...


Photo : prise par Moon

Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 17 mars 2008
   Quand je suis née, les premiers mots que j'ai entendu ont été ceux de ma mère : "Ma fille... ma toute petite, si belle, si jolie... Un jour tu voyageras à traver le monde. Tu découvriras des horizons nouveaux, tu pourras admirer des paysages lointains, sentir des parfums exotiques... Un jour tu voleras seule." Mon père avait ajouté : "Ma fille... ma toute petite, si légère, si belle... un jour tu seras grandes et pourras contempler ce monde avec des yeux émerveillés et conquérant. Tout cela sera à toi." Ces mots ont été celles qui plus tard ont dirigé ma vie.
   
   Pendant toute mon enfance, j'ai rêver de m'évader, de m'envoler. Avant de me coucher, ma mère me racontait des histoires merveilleuses, me berçait de mots lointains dont les accents exotiques remplissaient ma tête d'images fleuries. Ses contes étaient un enchantement : paysages verdoyants, deserts arides, plages immaculées, jungles sauvages... Un jour je pourrais le voir. Oui ! Un jour je pourrais voler parmis les nuages, caresser le sable, sentir le parfum des épices d'Oriant, chanter à Cuba... Moi aussi !

   Maintenant je me rappelle. Je me rappelle de cette histoire que nous racontait notre mère quand j'étais avec mes frères. C'était l'histoire d'une hirondelle. Très petite. Très délicate. Comme moi, elle voulait voyager et admirer les choses belles de ce monde. Mais la pauvre petite était si gracile et faible qu'elle ne parvenait pas à s'envoler. Elle restait comme collée à sa branche sans pouvoir réaliser son rêve, le rêve que hantait ses nuits et rythmait ses jours, le rêve de sa vie. Les autres oiseaux se moquaient d'elle, pauvre petite hirondelle. Eux volaient. Elle rêvait. Eux s'en allaient. Elle restait. Pauvre petite hirondelle... Mais un jour, à force de persévérance, courage et volonté, elle se jeta dans la vide, ses ailes se déplièrent et elle s'envola. Aujourd'hui, on dit qu'elle voyage toujours à travers le monde, remplissant son coeur de saveurs, parfums, sons et souvenirs uniques et inoubliables. On raconte aussi qu'elle connaît déjà tant de choses et qu'elle est maintenant si vieille qu'elle n'a plus qu'un souhait avant d'effectuer son tout dernier voyage : voler parmis les étoiles.

   Mes frères ont toujours dit que cette histoire était stupide et que je l'étais encore plus parce que je pensais que c'était possible. Une hirondelle de pouvait pas vivre tant de temps, personne ne pouvait avoir voyagé autant ni connaître tant de choses : c'était juste une histoire stupide pour petites filles romantiques et rêveuses comme moi. Mais moi... moi je voulais croire en l'aventure de cette petite hirondelle, moi je voulais être cette petite hirondelle parce que elle avait tout compris : avec de la volonté et de l'amour, on peut réaliser tous nos rêves, absolument tous. Moi je voulais êtres cette petite hirondelle parce qu'elle avait réussi. Elle avait réussi à accomplir son rêve, son souhait le plus précieux et le mien. Voler. Aimer. Ressentir... Vivre.

   Quand j'étais dans le nid familial, je me plaisais à l'imaginer, volant parmis les étoiles, après une vie passionante, belle et sienne. Oui, sienne parce qu'elle avait réussi à faire ce qu'elle voulait, sans se préocupper des autres ; moqueurs et médisants, que lui prédisaient un avenir funeste et malheureux.

   Moi aussi je voulais être heureuse, m'évader et admirer, m'envoler et savourer. La nuit, je rêvais de neiges éternelles, oasis fraîches parmis les dunes de sables, falaises abruptes et sauvages... Ma vie était un rêve, mais un rêve qui se réaliserait. Je le sentais. Je voulais m'en aller, m'évader, laisser mes parents mais patience, patience... J'en avais marre d'attendre ! Attendre... toujours attendre... Mais j'attendais, chaque fois plus sûre de moi, chaque fois plus impatiente. Parce que je savais, je savais que je réussirai à être cette petite hirondelle. Je savais que je pourrais voyager, voler, aimer...

   Aujourd'hui. Je le sens. Aujourd'hui. Jour J. Fin du rêve : réalité. Je vais toucher, je vais sentir, je vais entendre... Je vais vivre !

Le vent souffle. Le soleil brille.

Envol.


"Tu l'a tuée !
- Tu crois ?
- Oui ! Je l'ai vue tomber par terre. Viens ! On va la chercher.
- Non... C'est pas important...
- Bien sûr que si que c'est important ! Viens !
- Non.
- Mais... tu pourras la montrer aux autres...
- Non.
- Mais... Pourquoi ?
- J'en ai déjà huit dans mon sac.
- Mais... celle-là avait l'air... je sais pas... différente.
- Putain... C'est juste une putain d'hirondelle !!! On y va maintenant.
- Mais... Et l'hirondelle ?
- Ta gueule ! On y va maintenant !"

 

   Je voulais juste voler... J'aurais juste aimer voler...
   Fin du rêve.


   Le vent soufflait. Le soleil brillait.
   Et sur le sol, une petite hirondelle. Morte.
 

Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 17 mars 2008

photos-257.jpg

 

   Cuando nací, las primeras palabras que oí fueron las de mi madre : « Mi hija... mi hija pequeñita... tan hermosa, tan preciosa... Algún día viajarás por el mundo. Descubrirás horizontes nuevos, podrás admirar paisajes lejanos, oler perfumes exóticos... Algún día volarás sola. » Mi padre añadió : « Mi hija... mi pequeñita hija... tan liviana, tan bella... algún día serás mayor y podrás contemplar este mundo con ojos maravillados y conquistadores. Todo él será tuyo. » Esas palabras fueron las que luego dirigieron mi vida.

   Durante toda mi niñez, soñé con evadirme, echarme a volar. Antes de acostarme, mi madre me contaba historias maravillosas, me mecía con palabras lejanas cuyos acentos exóticos llenaban mi cabeza de imagenes floridas. Sus cuentos eran un encanto : paisajes que verdecen, desiertos áridos, playas inmaculadas, selvas agrestes... Algún día podría verlo. ¡ Sí ! Algún día podría volar entre las nubes, acariciar la arena, oler el perfume de las especias de Oriente, cantar en Cuba... ¡ Yo también !

   Ahora me acuerdo. Me acuerdo de aquella historia que nos contaba nuestra madre cuando estaba con mis hermanos. Era la de una golondrina. Muy pequeña. Muy delicada. Como yo, quería viajar y admirar las cosas bellas de este mundo. Pero la pobrecita eran tan grácil y débil que no lograba echarse a volar. Se quedaba como pegada a su rama sin poder cumplir su sueño, el sueño que obsesionaba sus noches y daba ritmo a sus días, el sueño de su vida. Los otros pájaros se burlaban de ella, pobrecita golondrina. Ellos volaban. Ella soñaba. Ellos se iban. Ella se quedaba. Pobrecita golondrina... Pero un día, a fuerza de perseverancia, coraje y voluntad, se lanzó al vacío, sus alas se desplegaron y echó a volar. Hoy, dicen que todavía viaja por el mundo, llenando su corazón con sabores, perfumes, sonidos y recuerdos únicos e inolvidables. También cuentan que ya conoce tantas cosas y que ahora es tan vieja que sólo tiene un deseo antes de irse para siempre : volar entre las estrellas.

   Mis hermanos siempre dijeron que aquella historia era tonta y yo mucho más porque pensaba que podía ser. Una golondrina no podía vivir tanto tiempo, nadie podía haber viajado tanto ni conocer tantas cosas : sólo era una historia estúpida para chicas románticas y soñadoras como yo. Pero yo... yo quería creer en la aventura de la golondrinita, yo quería ser aquella golondrinita porque ella lo había entendido todo : con voluntad y amor, podemos cumplir todos nuestros sueños, absolutamente todos. Yo quería ser aquella golondrinita porque logró. Logró cumplir su sueño, su deseo más precioso y el mío. Volar. Amar. Sentir... Vivir.

   Cuando estaba en el nido familiar, me complacía en imaginarla, volando entre las estrellas, después de una vida apasionante, bella y suya. Sí, suya porque había logrado hacer lo que ella quería, sin preocuparse por los demás ; burlones y maldicientes, que les auguraban un porvenir funesto e infeliz.

   Yo también quería ser feliz, evadirme y admirar, echarme a volar y saborear. Por la noche, soñaba con nieves eternas, oasis frescas entre las dunas de arena, acantilados abruptos y agrestes... Mi vida era un sueño, pero un sueño que se realizaría. Lo sentía. Quería irme, evadirme, dejar a mis padres pero paciencia, paciencia... ¡ Yo estaba harta de esperar ! Siempre esperar... esperar... Pero esperaba, cada vez más segura de mí misma, cada vez más impaciente. Porque lo sabía, sabía que lograra ser esa golondrinita. Sabía que pudiera viajar, volar, amar...

   Hoy. Lo siento. Hoy. Día D. Fin del sueño : realidad. Voy a tocar, voy a oler, voy a sentir, voy a oír... ¡ Voy a vivir !!!

 

   El viento sopla. El sol brilla.

 

   Vuelo.

 

   «  ¡ La has matado !
- ¿ Crees ?
- ¡ Sí ! La he visto caer al suelo. ¡ Ven ! Vamos a recogerla.
- No... No importa.
- ¡ Sí que importa ! ¡ Ven !
- No.
- Pero... podrás mostrarla a los demás...
- No.
- Pero... ¿ Por qué ?
- Ya tengo ocho en mi bolso.
- Pero... esa perecía más... no sé... distinta.
- Joder... ¡ No es nada más que una puta golondrina ! Vamos ahora.
- Pero... ¿ y la golondrina ?
- ¡ Cierra el pico ! ¡ Vamos ahora ! »

 

   Sólo quería volar... Sólo hubiera querido volar...

   Fin del sueño.

 

   El viento soplaba. El sol brillaba.

   Y en el suelo, una golondrinita. Muerta.



Photo : London - février 2008

Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 22 février 2008
    Je vous mets ici, vite fait un petit délire à moi à la suite d'un travail d'espagnol (♥♥♥) où il fallait que l'on écrive nuestro día ideal, notre jour idéal. J'ai demandé à quelques personnes de se prêter au jeu et voilà ce que ça donne. J'ai recopié leurs textes tels quels.



01h : Je regarde un jour sans fin
fotos-069.jpg 02h : Ce matin je trouve que la vie est belle
03h : J'entends la voix de la lune
04h : Je regarde l'aurore, cela me met en Fury
05h : Ma prière du matin : le septième seau
06h : Petite promenade matinale sur le quaie des brumes
07h : Je regarde "Lundi Matin" de Iosseliani
08h : Je rencontre mes amis : Fanny et Alexandre
08h30 : Il est huit heures et demi, tout va bien
10h : Le sourire de Juliette
11h : Répétition d'orchestre
12h : Midi au menu : les fraises sauvages
13h : J'ai rendez-vous avec Madeleine
14h : J'ai acheté des fleurs pour Madeleine
15h : Madeleine n'est toujours pas là
16h : J'ai jeté les fleurs sur le pavé
17h : J'attends Madeleine
18h : Rien à signaler
19h : J'ai acheté des bonbons pour Madeleine
20h : Le paquet est vide
21h : Madeleine ne viendra plus
22h : Rendez-vous avec la lune
23h : La lune non plus n'est pas au rendez-vous
24h : Voyage d'affaire : je pars dans les étoiles
00h00 : Je regarde "le jour le plus long"

***


Ma journée est tout sauf un long fleuve tranquille.
Attention, décollage imminant, au bord de cet appareil, quelques règles de sécurité sont à respecter :
      - ceci n'est que mensonges ! Inutile de trouver un sens à mes idioties
      - obligatoirement se mettre dans la peau du personnage (moi) pour être prêt psychologiquement à encaisser ces mêmes âneries.
      - à tout moment, vous pouvez sauter de l'appareil, c'est pour votre bien ! Inutile d'infliger une telle quantité d'âneries à votre cerveay. En effet, il est recommandé de ne pas lire d'une seule traite les passages qui vont suivre.

9h : heu... c'est pas le moment de me réveiller !
10h00 : important, levée à 10h03, sinon, ce n'est plus une journée formidable !
10h01 : Woupi ! Voilà qu'un oeil s'écarquille...
10h02 : ... suit ensuite le deuxième (oeil) ! C'est pas magique ?!!! Formidaaanle.
11h : Je vais voir mes amis les peoples.
12h : Jane, une amie formidaaable viens déjeuner avec moi.
13h : Formidaaable, j'ai tué mon chien !
14h : Petit creux, j'ai mangé le museau d'Albert (le chien), caoutchouteux mais tendre. Ce fut un régale !
16h : Formidaaable ! J'ai fait du shopping : une jupe rooose Barbie, vernis fluo et pour le bien de l'humanité, un soutif qui me sert de tee-shirt (et oui, je suis écolo, j'utilise pas beaucoup de tissu)
16h30 : Jane et moi, nous sommes sorties avec nos new vêtements et pour une fois dans ma vie on m'a dit que j'étais zolie ! Enfin, je crois, le monsieur il a dit : "Vous faites le trottoir madame ?" J'étais pas certaine d'avoir compris mais heureusement, Jane était là, elle m'a dit que ça veut dire que je suis pretty (oups ! c'est vrai chère lectrice, tu n'es pas bilingue comme me !)
20h : J'ai découvert que 1+1 ça fait 2. C'est le plus beau jour de ma vie.
21h Stop ! Retour dans le monde réel. Il y a ma voisine de chambre dont je ne peux citer le nom ; de peur de me faire battre, non c'est vrai, elle est très violente, une fois elle a dit "merde" (!), oui donc cette voisine est lyc-e-LPI-029.jpg blonde avec des bouclettes et elle me tyranise pour que je lui fasse son devoir d'espagnol... Non mais je rêve !
22h : Les comprimés de mamie et au lit !

STOP ! Bon allez, voici le bon ma petite María :

10h : petit déj' avec ma famille dans les Caraïbes
11h : excursion dans une forêt d'Autralie.
12h : déjeuner avec toutes les copines.
13h : participer à un projet humanitaire et aller en Afrique
14h : aller au concert des Rollings Stones
15h : aller chercher de la drogue j'ai les colombiens (ça y est, je re-pars en vrille) ou demander à monsieur B., il paraît que c'est un super marchant, et de qualité ! (dixit monsieur L.)
16h : regarder la télé dans le noir avec toutes les filles de l'internat (qui sont gentilles) et papoter pendant des heures et aussi critiquer B.J. et se raconter des tas d'histoires bêtes.
17h : nager dans le Pacifique
18h : devenir membre de l'ONU (rien que ça)
19h : tomber amoureuse à 19h50
19h30 : plus que 20 minutes avant le big love (il faut que je vous rappelle que I am bilingue ?)
19h50 : Paf !!! ♥♥♥ Waouuuu !
20h : Vivre à Londres, en Afrique ou en Australie
21h : Retour en France, dans une amiance zen avec Sally, Ju, Mathilde, Marie, Morgane, Elsa, Marion... 
23h : Zou ! Au lit tout le monde. Brad Pitt m'attend !

***

9h : me réveiller chez moi et prendre un bain lyc-e-LPI-038.jpg
10h : aller au marché avec ma mère et ma grand-mère à Royan
11h : sur Internet
12h : cuisiner dans pâtes avec des crevettes et plein de choses parce que c'est bon ... ah, et un dessert avec plein de crême
13h : déjeuner avec ma famille, dans le jardin parce que c'est l'été
14h : bronzer avec ma mère dans le jardin
15h : aller chez mes grands-parents pour boire un café et voir mes cousins
16h : à la plage avec ma famille. On se baigne.
17h : goûter. Miam miam.
18h : Plage plage plage à St Georges de Didonne. Elle est presque vide, pas trop de touristes mais un peu quand même. Avec mon frère et mes cousins. On joue.
19h : Promenade avec ma famille pour rentrer à la maison.
20h : Douche et je bois aussi parce que j'ai super soif
21h : dîner >>> riz et poisson
22h : regarde la télé avec ma mère
23h : marché de nuit avec ma famille et après... plage ! Je joue avec mon frère et mes cousins.
00h : Retour à la maison... Mange des gâteaux ! *miam miam*
1h : Je dessine pendant que mes parents regardent la télé et je vais les rejoindre.
2h : regarder un manga avec mon frère

DODO ! Avec la minouchette... *rrrouÛ*

Et il y a toujours du soleil mais quand même, il fait pas trop trop chaud, juste ce qu'il faut.

***

lyc-e-LPI-027.jpg 8h : réveil avec un bon chocolat chaud et des croissants tièdes, sans oublier un jus d'orange (fait maison). Je suis dans un grand lit à baldaquin blanc dans un palace très chic et très propre.
9h : Je me lave dans une grande baignoire où je peux mettre des bulles ou du lait
10h : Une fois habillée, je vais me promener tranquillement dans un immense jardin fleuri où il y a des milliers d'espèces de fleurs. Ça sent merveilleusement bon. J'ai un carnet où je dessine des fleurs que je réussi parfaitement !
11h : J'arrive dans un autre jardin avec des pissenlits et des trèfles, il y a aussi des étoiles filantes dans le ciel pourtant bleu... et bien sûr, des fées et des papillons.
12h : Je rejoins tous les gens que j'aime (ceux que je préfère comme ça, on ne sera pas trop) dans un bar au soleil, on est ensemble autour d'une petite table et je bois un Diabolo Grenadine.
13h : On va manger chinois dans un petit resto' très sympa !
14h : On rentre ensuite dans un immense salon, thé, macarons, chocolats à volonté ! On a le choix : faire une bonne sieste ou regarder un beau film.
15h : Je vais faire du cirque pendant 2h avec Marie, Sally et tous mes p'tits circus ! Aujourd'hui, F. a la pêche et est positif, pas grincheux en tout cas.
17h : Pour goûter, moi et mon petit copain, on va manger à la crêperie. Je prends une crêpre au sucre et à la canelle et un lait chaud au sucre vanillé.
18h : Je suis sur la plage avec plein d'amis et on regarde silencieusement le soleil se coucher.
19h : On rentre doucement chez moi, les étoiles nous dessinent le chemin...
20h : Je me prépare de quoi dormir : mon plaid autour de moi, une tisane bien chaude après un petit yaourt en guise de dîner. Je me suis aussi lavée en rentrant.
21h : J'essaie de m'endormir, des grosses chaussettes aux pieds, je suis couchée avec Eva (ma petite cousine) et mon chat... je m'endors.
Nuit : Dans mes rêves, je peux parler avec les gens que je connaissais et que j'amais qui sont morts...


Photos : Lucie, Aïcha, Moon et Julietita
Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 5 février 2008

   J'ai envie de danser, danser, danser... C'est grave docteur ?


   ... Jusqu'à ce jour, jusqu'à aujourd'hui où la fièvre m'a envoloppée tout doucement, sans que je m'en aperçoive. Je n'aime pas trop ce manteau-là. Il me fait faire des choses bizarres. Il me fait sentir des choses bizarres. Il me fait dire et voir des choses bizarre. Et puis il fait chaud. Et puis il fait froid. Il est bizarre ce manteau-là. Mais moi aussi je suis en train de l'avoir. Je suis en train de m'en séparer, tout doucement, sans qu'il s'en aperçoive. Je vais le laisser. Le poser dans un coin. Qu'il s'endorme. Jusqu'à ce jour... 

   Mais quand même, j'ai envie de danser, de voler, de virevolter, d'être là, d'exister.




   Danser.


uferas15.jpg



   Cette nuit j'ai rêvé. J'ai rêvé que je me promenais sur le port de Cambrils. Et puis je m'arrêtais. Je m'assayais sur un banc et griffonait quelques mots sur un petit morceau de papier. J'arrêtais un passant. Poliement. Je lui demandais s'il pouvait apporter le papier à une dame, la dame qui travaille dans cette librairie juste là. Très poliement. Je rajoutais même un por favor señor et un muchísimas gracias. Après, je me levais de mon banc et j'allais marcher au bord de l'eau. C'était beau. Je crois. Et puis je m'assayais encore. Je m'assayais dans le sable et plongeais mes yeux bleus dans le bleu de la mer. C'était beau. Oui. Là, je restais ; longtemps pendant qu'elle me cherchait. Je laissais voler, vagabonder mon imagination. Je la laissais m'emmener où elle voulait. C'était beau. Et puis il y a eu cette voix. Une voix qui m'appelait doucement. Tout doucement. Cette voix derrière moi. Ça aussi c'était beau. Et je me retournais. Et elle était là. Et elle me regardait. Et je la regardais. Être là.



♫♪ Lili, take another walk out of your fake world
Please put all the drugs out of your hand
You'll see that you can breathe without no back up
So much stuff you've got to understand

For every step in any walk
Any town of any thought
I'll be your guide

For every street of any scene
Any place you've never been
I'll be your guide

Lili,you know there's still a place for people like us
The same blood runs in every hand
You see it's not the wings that make the angel
Just have to move the bats out of your head

For every step in any walk
Any town of any thought
I'll be your guide

For every street of any scene
Any place you've never been
I'll be your guide

Lili,easy as a kiss we'll find an answer
Put all your fears back in the shade
Don't become a ghost without no colour
Cause you're the best paint life ever made

For every step in any walk
Any town of any thought
I'll be your guide

For every street of any scene
Any place you've never been
I'll be your guide  ♪♫

U-Turn (Lili)


   Aujourd'hui il pleut. Il pleut et il y a du vent. Le ciel est gris. Toujours gris. L'hiver, tout est toujours gris. Le ciel non plus n'aime pas son manteau. Son manteau au ciel, il est gris, son manteau il est fait de larmes, de larmes et de lourds nuages gris. Tristes. C'est désespérant l'hiver, quand les arbres sont tristes, quand la nature est emprisonnée dans ce manteau gris, froid, quand la terre est boueuse, quand l'herbe devient marrons, recouverte de boue. C'est laid l'hiver. Les oiseaux ne chantent plus et cherchent à survivre. Survivre. Toujours. En vain. Les arbres paraissent maigres, fragiles ou milieu de tout ça. Et il fait froid. Toujours froid. Cette vague immense qui nous submerge, qui nous enferme. Le froid. Terrible. Pire que tout le froid. La pluie. Le vent. Glaciales.


   Lucie non plus elle n'aime pas son manteau. Il l'a eu elle aussi. Lucie. C'est triste l'hiver. L'hiver il nous a eu toutes les deux. On s'est fait avoir en beauté. Salaud ! Hiver triste, hiver froid... hiver. Et après vient l'autre manteau. Fièvre. L'un ne va pas sans l'autre. L'autre sans va et revient. L'un en fait de même. Et puis nous on est là et on continue. On vit. Parfois. Lucie ils l'ont eu elle aussi. Tous les deux. Toute seule. Et je n'étais même pas là pour être là. Et je ne suis même pas là... Ils l'ont eu elle aussi. C'est lâche l'hiver en fait. Il nous attrape par derrière, sans qu'on s'en rende vraiment compte, sans qu'on le voit venir. Et quand il est là. C'est trop tard, trop tard pour s'échapper, trop tard pour essayer de s'enfuir. Il faut rester. Il faut vivre !

   






   Être là.

Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 2 février 2008
    J'en ai sûrement déjà parlé, avec Moon et notre Joujou, on a fait nos TPE sur le thème des îles imaginaires.
    En attendant de vous mettre les photos de notre expo qui est terminée depuis vendredi dernier (pas hier, l'autre d'avant), je vous laisse deux petits textes que j'ai fait sur le thème des îles imaginaires. C'est qu'on a piqué une séance d'atelier d'écriture pour faire faire des contraintes sur les îles (imaginaires). Vous trouverez les sujets proposés sur le site que j'ai mis des mes liens.


Sujet 2

Las.
E
spérer, toujours espérer/
Soleil couchant, ciel gris désespérant.

Îlot de solitude
Lumières éteintes à jamais
Elle hère. Son esprit cherche dans le noir.
Survivre. Être là et survivre.

Infini inaccessible, îlot de solitude
Mortel tourbillon,
Amers souvenirs
Gisant dans un coin de sa mémoire.
Ils restent là. Inoubliables. Inoubliés.
Nature indomptée, rêve envolé
Aime-la. Protège-la.
Île, petite île
R
oyaume endormi
Epave éphémère
Somnambule éternelle... Aide-la

Sujet 1

* Mon île... Mon île elle est ici, mon île elle est là-bas. Mon île elle voudrait être belle mais elle n’y arrive pas. Cette île, elle fait ce qu’elle peut : elle avance un peu, elle recule beaucoup, mais elle est là. Elle reste là. Son sable n’essaie jamais de nous fuir entre les doigts. Non, il reste là ; léger et froid. Mon île n’essaie jamais de s’échapper loin de moi. Non, elle reste là. Là. Là. Éternellement là. Parfois, tout devient trop puissant, trop difficile. Le vent qui souffle, les mers qui avance, les bateaux qui passent, les oiseaux qui s’aiment... Pauvre petite île. Mais elle reste là. Éphémère et fragile. Mon île.

* Mon île est loin d’ici, bien trop loin d’ici. Mon île est ailleurs, mon île c’est ailleurs. Mon île, c’est ce lieu fantastique où les mots helados, sonrisas, pesados, noche et alegría sont rois. Mon île c’est ce refuge dans lequel on se plait à s’ensevelir tout entier, à s’abandonner. Douce carapace de mots, de sons et de sable chaud, doux souvenirs salés, sucrés, tant adorés. Cette île c’était la sienne. Cette île je l’ai faite mienne. Cette île elle est ailleurs, cette île elle est bien loin, invisible pour ceux qui ne la cherchent pas. Cette île elle est trop loin et elle reste là. Patiemment. Elle attend.

* Mon île c’est la vôtre : île merveilleuse / île atroce, île extraordinaire / île enfer : joli monde / geôle immonde...

laputa1.jpg

 

Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 1 janvier 2008

   J'ai écrit ça il y a quelques semaines pour un devoir de Français. Il s'agissait d'écrire euh... la suite en quelques sortes d'Antigone (de Anouilh pour moi).
   Bref résumé (très très bref, juste ce dont vous avez besoin pour comprendre) : Antigone, héroïne (et fille d'Oedipe) vient de mourir. Créon l'a fait tuer. Elle était sa nièce et la future femme de son fils, Hémon. Son fils s'est suicidé et sa femme, Eurydice, aussi. Ici, Créon doit remettre une missive à Ismène, soeur d'Antigone. Ce message a été écrit par Antigone avant de mourir.
   Je vous ai épargné la fin que j'ai supprimé. Je n'arrive jamais à finir.



Créon est seul sur scène, assis par terre.

 

CREON – Comment ? Comment ai-je pu céder ? Être aussi lâche... Est-ce possible ? Antigone, petite Antigone, fragile Antigone... Hémon, ô mon fils ; ce dieu géant qui t'enlevait dans ses bras et te sauvait des monstres et des ombres, oui c'était moi, oui... ce fut moi. Dire oui, dire non, décider laisser faire. A quoi bon ? Qu'aurais-je pu faire ? Hémon ? Tu m'entends ? Hémon, mon enfant, j'aurais pu vous sauver, tous... Un silence. Hémon ? Elle était déjà perdue. Elle était déjà ailleurs tu sais. Un silence. Hémon ? Tu sais, aussi puissant que je suis, aussi puissant que j'étais, je n'aurais rien pu faire, sinon retarder l'échéance... Antigone était déjà partie. Antigone était déjà loin, hors de portée. Ne me juge pas Hémon, je t'en prie, ne me juge pas mon petit. Un silence. Créon sursaute. Eurydice ? Ma reine. Ma femme. Une bonne femme parlant toujours de son jardin, de ses confitures, de ses tricots, de ses éternels tricots pour les pauvres... Mais quel imbécile ! Eurydice... Elle était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest, ma semaine de travail, mon dimanche de sieste, mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson. Au matin, c'était elle qui venait me pousser, et chaque jour nouveau, elle répandait en moi, une fièvre nouvelle, et des bonheurs futiles. Eurydice ! Des instants de ma vie, tu as été le fil ! Qu'elle était douce et tendre... fragile mais si vive, insouciante et rétive, docile et combative... Eurydice ! Déjà ton souvenir fuit, se détourne de moi... Eurydice ! Je t'appelle en vain... Eurydice ! Eurydice... Se redressant brutalement. Créon ! Moi, Créon ! Moi, roi... Comment ai-je pu les laisser partir ? Les laisser partir un à un... Un lourd et long silence. Il le fallait. J'aurais pu l'éviter ! La raison d'état... La raison d'état. Se relevant. Oui Créon : la raison d'état ! Je devais le faire ! Il n'aurait pu en être autrement. Il devait en être ainsi. Hémon ! Mon petit... mon pauvre petit... Tu l'aimais. Elle était déjà loin la petite Antigone, inaccessible, envolée...

 

ISMENE, interrompant Créon - Que voulez-vous ? Comment...

 

CREON, lui coupant la parole – Ah... Ismène, ma petite, ma belle Ismène...

 

ISMENE – Comment... comment osez-vous ?! Comment osez-vous me regarder encore, me parler comme vous le faites ? Comment pouvez-vous vivre après ce que vous avez fait ? Comment pouvez-vous garder la tête haute et ce regard fier ? Créon... un grand roi. Faites-moi rire ! Un roi ? Non... un père incapable de garder son fils, sa femme, un homme impuissant face à une toute jeune fille sans armes, un homme incapable de lui dire non, de la retenir, de l'empêcher de partir. C'est donc vous ce roi tout puissant ?

 

CREON – Arrête Ismène, arrête. Je t'ai fait appeler parce que, je pensais que tu aurais voulu lire... lire ce message, le dernier message de ta soeur, ce message qui t'est destiné. Ismène ? Antigone voulait partir, elle devait partir, toutes les interdictions, tous les « non » du monde, les murs les plus hauts, les barrières les plus infranchissables... rien n'aurait pu empêcher ce destin, rien Ismène... rien... Tu crois que c'est facile pour moi de rester impassible, toujours... Tu crois que ce fut facile pour moi de voir ces personnes que j'aimais tant

 

ISMENE – Arrêtez ! Arrêtez ! Donnez-moi cette lettre. Vous êtes pathétique. Vous croyez vraiment que c'est vous la victime ? Vous me dégoûtez avec vos grands mots, vos belles phrases. Arrêtez Créon.

 

CREON, tendant la lettre à Ismène – Prend-la Ismène...

 

ISMENE, s'emparant de la missive – Oh Antigone, oh Antigone... Ismène déplie lentement, très lentement le message de sa soeur qu'elle tient entre ses mains tremblantes et le lit à voix haute. « Ma très chère Ismène, ma belle Ismène... Ne pleure pas, tu serais moins belle, ne pleure pas. Ismène pleure. J'aime que tu sois belle. Ismène. Ce n'est pas chose facile de partir. Ce n'est pas chose facile de te laisser mais ma décision est prise. Ismène, ô Ismène, tu as toujours été resplendissante, magnifique, majestueuse, tu as toujours été le soleil et j'ai toujours été cette petite olive noire, triste, différente... Mais tu sais Ismène, si je pars aujourd'hui, si aujourd'hui je dis adieu à tout cela, si je te laisse derrière moi, c'est parce que j'ai peur. J'ai peur de l'après, j'ai peur de ce qui va arriver. Si je meurs aujourd'hui, c'est pour garder enfoui en moi la douceur de la fraîche rosée du matin sur mes pieds nus, c'est pour ne pas oublier les larmes impossibles à retenir devant un coucher de soleil, c'est pour m'émerveiller encore devant ces oiseaux qui s'envolent, légers, insouciants... J'ai peur Ismène, j'ai peur que cela change. J'ai peur qu'un jour, Hémon soit différent, que le soleil soit plus fade à mes yeux, que la nature soit différente, que je sois obligée de mentir à mon aimé car je ne l'aimerais plus comme avant. J'ai peur Ismène, j'ai peur de ne plus voir ta beauté rassurante, ton calme, j'ai peur qu'Hémon ne frémisse plus quand je frémis, qu'il n'ait plus peur quand j'ai peur, qu'il ne soit plus heureux quand je souris. J'aime. J'aime Ismène et je veux que tous ces sentiments restent intacts, que le temps ne les ternisse pas. Ce matin, je me suis levée, j'ai marchée dehors, l'herbe caressait mes pieds nus, le soleil peignait la campagne de ses doux rayons, Hémon m'a serré fort dans ses bras, j'ai admiré une dernière fois ta calme beauté. J'ai été heureuse Ismène et je pars heureuse, heureuse d'avoir connu, d'avoir senti, éprouvé, vu, admiré. N'en veux pas à Créon. Un regard vers Créon. S'il te plaît Ismène. Il n'aurait rien pu faire. Il était impuissant face à cette détermination que j'avais à partir, j'étais plus forte, mais tellement plus faible. Tu sais Ismène, partir parfois c'est tellement plus facile... tellement plus lâche. Je suis lâche Ismène, lâche et égoïste. C'est si dur de rester. Garder la tête haute, rester fier... C'est tellement plus difficile Ismène. N'en veux pas à Créon, c'est lui qui est courageux, il a tout compris depuis le début. Un regard vers Créon. Vouloir enterrer Polynice, vouloir que mon frère, notre frère ait une mort digne n'était peut-être au fond qu'un prétexte. Une solution qui m'était offerte pour enfin trouver ce dont j'avais besoin. La solution, la porte ouverte à mon évasion, à mon envol. La nourrisse entre, sans bruit. Tu disais que je suis folle Ismène. Silence. Tu as raison. Je suis folle d'amour, folle de ce monde qui nous entoure, folle de ce petit garçon que j'aurais tant aimé élever, porter en moi, je suis folle de la vie. Voilà pour toi Ismène, ma soeur à qui j'ai tant reproché sa beauté, à toi, ma soeur que j'ai tant aimé. Ismène, ne sois pas triste, ne pleure pas : je m'en vais le corps léger, étincelant de sensations, de souvenirs, d'instants adorés. Ismène, je n'aurais pas accepté de voir tout cela différemment, de nous voir changer. C'est maintenant l'heure pour moi de partir. Remercie Créon. Embrasse Nounou pour moi. Je t'aime Ismène... Silence. Je t'aime. Prononcé avec une voix presque imperceptible : Antigone »

Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 23 novembre 2007

Bonsoir à tous,
Il est tard, je suis très fatiguée et pourtant je ne suis pas couchée... Bref, rien d'intéressant en perspective pour cette article donc je vais continuer toute seule, je vous invite à appuyer sur la petite croix en haut de votre écran en haut à droite.
Merci et à plus tard.

DSCF0247.JPG
Photo : Cambrils, Pâques 2002





* Pensée n°1 :
Envie d'ailleurs.
España España, te echo de menos...
Envie d'ailleurs.
España España, te echo de menos...
Envie d'ailleurs.
España España, te echo de menos...

* Pensée n°2 :
Una librería con encanto, con una librera maravillosa...
España España, te echo de menos...
Isabel Isabel, te echo de menos...


* Pensée (rapide) n°3 :
Je suis en train de devenir folle...

* Pensée n°4 :
Tantas lenguas sabes tantas veces eres persona...

* Pensée n°5 :
Ya no quiero que me digas que la encontraste retorcida de dolor... Nunca más... Ella se preocupa por mí. Ella se preocupa por mí. Pero yo estoy bien. Estoy muy bien. Me preocupo por ella... Me preocupo por ella.

* Pensée n°6 :
- Fuiste mi faro, mi verdadero faro
- Querido A. por primera vez, empiezo a dudar del sol... Dolores era el sol y se apagó en silencio. La vida... esta puta vida...
- Tiburón, tiburón...
- Veo veo...
- [...], no estés triste, piensa que me voy con el cuerpo livianito y los pulmones llenos de aire...
- ¿ Y Dolores ? ¿ Y Dolores ?
- ¿ Sabes nadar ? Se va a tirar...
- Te quiero... yo más...


* Pensée (rapide) n°7 : 
Il y a vraiment des fois où je me fais peur.

* Pensée n°8 :
Envie de partir un peu, de filer loin, de voir d'autres choses que je connais déjà, d'aller là-bas... Envie de retourner en su pequeño gran ricón de libros... Envie de lointain. Envie de parler espagnol. Envie de faire une pause avec le Français. Envie de ne plus me retourner. Envie de m'écouter... Envie de marcher sur la plage. Envie de mettre les pieds dans l'eau. Enfin de plonger mes doigts dans le sable. Envie d'entendre ces oiseaux. Envie de vivre cette vie. Envie de revoir cette vie. Envie de la retrouver. Me gustaría tenerte cerca y poder mirarte a los ojos mientras te hablo... Envie d'Espagne. Envie de la retrouver...

* Pensée n°9 :
Envie de me mettre devant le feu, avec ma Lunita contre moi, un livre sur les genous et un bol de lait brûlant mélangé à du miel entre les mains. Envie d'attendre, d'attendre sans bouger, recroquevillée sur moi-même, sans bouger, avec le bol brûlant entre mes mains, sans bouger. Envie de me "déplier" tout doucement, tout doucement, tout doucement et de porter le bol doucement, tout doucement, à mes lèvres pour boire le liquide, le boire doucement, tout doucement. Envie de le sentir me réchauffer, moi qui ai si froid. Envie de ressentir cette sensation de bien-être et de douceur envahir tout mon corps... 

Ganas de ponerme delante del fuego con mi Lunita, un libro y un tazón de leche hirviendo con miel en mis manos. Ganas de esperar, esperar sin moverme, acurrucada en mi misma, sin moverme, con el tazón en mis manos, sin moverme. Ganas de desplegarme, muy lentamente, muy lentamente, muy lentamente y llevar el tazón lentamente, muy lentamente a mis labios para beber el dulce líquido, beberlo lentamente, muy lentamente. Me gusta sentirlo calantarme y despedir su calor y su dulzura dentro de mi cuerpo. 

* Pensée (rapide) n°10 : 
Il est tard. Je suis fatiguée.

* Silence (rapide) n°1 :
... ?

* Pensée n° 11 : 
España - Isabel - salsa - Libros - Fuego - Calor - olas - Leche con miel - Eres mi miel - español - películas - Faro del sur - ACF - Moon - dolor - enfermedad - pulmones llenos de aire - vida muerte - ruido - revolución - Lunita - silencio - evadirme - un poco - clase - Andalucía - LPI - yo más - ayudar - querer - amigos - acariciar - carecer - cansada cansada cansada - Pascua - ese hombre - luz - 15 - divinidad - valse à trois temps - ave - mar - extenuación - ¿hasta cuando? - ¿cómo? - escribir - cuerpo - Tangos-el exilio de Gardel - ronroneo - casita - cuerpo livianito - gota de agua - 43 kg - descansar - cine - Cambrils - Navidad - Thomas mi hermano menor - parecer - vitamina C - mucho - ¿y después ? - tiburón -  Maurane - Charly Chou - Pachamama - cama...

* Pensée (rapide) n°12 :
Pétage de plombs total

* Pensée n°13 :
Est-ce que c'est possible d'avoir le mal du pays avec un pays qui n'est pas le nôtre ?!?! España España, te echo de menos... Dis ? Tu me fais une place dans ta valise ? Non ! Ne me laisse pas. España España, te echo de menos... Espérame, ya voy... ♪♫ Quizás quizás quizás ♫♪ Ya voy... 

* Pensée n°14 :
Enfermedad de mierda... Puta vida... C'est toujours les gens qu'on aime qu'elle nous enlève. Abuelito mío... Abuelita mía... ¿ Y ...? ¡ Nunca ! Foutue cigarette... Foutue vieillesse... Foutus corps incapables de nous supporter, de nous porter et de nous laisser ! Foutue vie incapable de nous guarder...

* Silence n°2 :
...

* Pensée n°14 :
Envie de ne plus m'inquiéter. Envie d'enfin pouvoir dormir. Envie d'oublier un peu. Envie de penser un peu à moi. Envie de silence. Envie d'avoir chaud. Envie d'Espaaaagne. Mi miel...


* Pensée n° 15 :
Petit sourire...  un bouton en héritage...  une jolie fleur ... la no Alteza del teclado.

* Pensée n°16 :
C'est loin l'Espagne. Maman, on est bientôt arrivés ? Y a combien de temps pour aller jusqu'à Cambrils ? Ça fait combien 9 heures ? Quand il fera nuit ?! Mais c'est dans longtemps la nuit... Dolores era el sol y se apagó en silencio... NOCHE
C'est quand les vacances de Pâques ? En avril ? C'est quand avril ? Quand il fera presque chaud ?! Mais c'est dans longtemps avril !!!
Esperar esperar esperar... Estoy harta de esta palabra. Yo quiero ir. Ahora y punto.

* Pensée n°17 :
¡ ESPAÑAAAAA !

* Pensée n°18 :
Envie envie envie, je veux... Tes parents ne t'ont jamais dit que quand on réclame on n'a jamais ?!









Silence

Par María
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Estrellita efímera...

  • : Huellas pequeñitas en nieve de marzo...
  • lullalul
  • : *** Soy una estrellita... Je suis une étoile, une petite étoile, une toute petite étoile perdue dans ce monde immense, trop grand... un ser efímero, una estrella que poco a poco se apagará... ***
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus